LE TRIPODE

Mort aux girafes

Pierre Demarty


Voir Bar-le-Duc et mourir : on connaît le dicton. Frédéric Berthet, lui en tout cas, le connaissait, qui n’a sans doute pas choisi par hasard le chef-lieu de la Meuse pour mettre fin à ses jours. Mais pour quelles raisons ? Se peut-il que son suicide soit lié à l’affaire Flamurd ? Comment expliquer autrement l’implication dans cette trouble histoire d’un ancien bibliothécaire devenu détective privé malgré lui, d’un inquiétant colosse serbe et d’un jeune Sri-Lankais converti au judaïsme ? À moins qu’il ne faille remonter à l’année 1862 pour trouver la clé de l’énigme. Ou encore – prenons soin de ne pas écarter cette hypothèse – que tout ceci ne soit qu’un gigantesque malentendu.
Avançant sous le masque de la digression et du coq-à-l’âne poussés dans leurs ultimes retranchements pour mieux aborder des questions graves telles que la mort, l’amour, la cohabitation interethnique en milieu carcéral et l’épépinage des groseilles, Mort aux girafes est un cri d’indignation, un brûlot féministe, un thriller haletant aux résonances écologiques en prise avec l’actualité la plus actuelle – bref, on l’aura compris, un roman coup de poing dont on ne sort pas indemne.

L’Auteur

Pierre Demarty est né (à Paris, en 1976). Éditeur de littérature étrangère et traducteur, il a commis, avant Mort aux girafes, trois autres incartades en librairie : Manhattan Volcano (2013), En face (2014), Le Petit Garçon sur la plage (2017).

Presse

Sous des airs d’exercice de style, de délire narratif en roue libre, de marabout-bout-de-ficelle farfelu, Mort aux girafes est un livre rocambolesque au-dehors, tragique en dedans. […] Piégée sous le regard sarcastique de Pierre Demarty, l’auteure de cette chronique évitera soigneusement de qualifier ce roman de « petit bijou », terme « officiellement classé sur l’échelle de Richter de la critique littéraire juste un cran en dessous du “coup de cœur de la rédaction”, du “livre dont on ne sort pas indemne ” et de l'attention chef-d’œuvre” ». Et dans la foulée, on éliminera aussi « virtuose » ainsi que « jubilatoire », déjà ironiquement épinglé par Hélène Gestern. Dans la catégorie cliché, on tentera « drôle de livre », « singulier », « inclassable ». « Malin » ? Va pour malin.
Véronique Rossignol – Livres Hebdo

Une phrase longue et unique, infinie digression burlesque et hilarante sillonnant les genres, comme autant de pistes en jeux de mots où le sujet se démultiplie pour saluer et honorer une seule cause, la langue qui serpente.
Cyrille Falisse – Librairie Lo Païs – Draguignan

J'ai terminé Mort aux girafes il y a quelques jours. C'est évidemment une lecture formidable, j'ai eu un fou rire mémorable lors d'une des descriptions de personnages, j'ai de toute façon beaucoup ri tout du long, cette grande et unique phrase est admirablement maîtrisée, d'une fluidité épatante, sans lourdeur, sans répétition qui ne soit pas assumée, bref ce petit commentaire sans point final n'est qu'un piètre hommage et me fait constater (si j'en avais encore besoin) la difficulté que représente un tel exercice pour faire oublier que c'en est un.
Hélène Woodhouse – La Chouette librairie – Lille