logo_tripode LE TRIPODE
 
Facebook Twitter issuu

Les 120 journées de Sodome

Sade, Annie Le Brun


Un texte essentiel pour comprendre Sade, préfacé par Annie Le Brun.

« Les guerres considérables que Louis XIV eut à soutenir pendant le cours de son règne, en épuisant les finances de l’État et les facultés du peuple, trouvèrent pourtant le secret d’enrichir une énorme quantité de ces sangsues toujours à l’affût des calamités publiques qu’ils font naître au lieu d’apaiser, et cela pour être à même d’en profiter avec plus d’avantages. La fin de ce règne, si sublime d’ailleurs, est peut-être une des époques de l’empire français où l’on vit le plus de ces fortunes obscures qui n’éclatent que par un luxe et des débauches aussi sourdes qu’elles. C’était vers la fin de ce règne et peu avant que le Régent eût essayé, par ce fameux tribunal connu sous le nom de Chambre de Justice, de faire rendre gorge à cette multitude de traitants, que quatre d’entre eux imaginèrent la singulière partie de débauche dont nous allons rendre compte. »

Découvrir un extrait

 

L’Auteur

Écrivain français (1740 - 1814).

« Ma façon de penser, dites-vous, ne peut être approuvée. Et que m’importe ? Bien fou est celui qui adopte une façon de penser pour les autres ! Ma façon de penser est le fruit de mes réflexions : elle tient à mon existence, à mon organisation. Je ne suis pas le maître de la changer ; je le serais, que je ne le ferais pas. Cette façon de penser que vous blâmez fait l’unique consolation de ma vie ; elle allège toutes mes peines en prison, elle compose tous mes plaisirs dans le monde et j’y tiens plus qu’à la vie. Ce n’est point ma façon de penser qui a fait mon malheur, c’est celle des autres. »
             D.A.F. de SADE


Le Préfacier

Annie Le Brun est une écrivain, poète et critique française. Elle est notamment l’auteur de Soudain un bloc d’abîme, Sade (1986, éd. Jean-Jacques Pauvert) et la coordinatrice des oeuvres complètes de cet auteur chez Fayard. Son analyse de Sade a radicalement changé la perception de cet auteur :

« Je pense qu’il faut lire Sade parce que c’est peut-être le seul véritable athée qui ne se contente pas de mettre en question l’idée de Dieu, mais qui traque la religiosité sous toutes ses formes. Il montre qu’il y a dans l’esprit humain une composante qui fait qu’on est prêt à toujours être le dévot de quelque chose. Et cette sorte d’insoumission profonde, insoumission existentielle de Sade, est, je crois, ce qui me paraît essentiel aujourd’hui dans la mesure où on trouve de moins en moins de personnages souverains mais au contraire des personnages de plus en plus soumis et prêts à accepter tout ce que cette société-là leur propose. »


En octobre 2014, Annie Le Brun orchestrera une exposition sur Sade au Musée d’Orsay, à l'occasion du bicentenaire de la mort de l'auteur.