LE TRIPODE

Les Aventures du général Francoquin au pays des frères Cyclopus

Yak Rivais


Après d'âpres et cruels combats, les frères Cyclopus ont fait triompher la révolution dans leur pays. Mais ils sont sous la menace de l'État voisin qui, au prétexte de secours, rêve de faire main basse sur les ressources du territoire ravagé. Le général dom Franquin, accompagné de sa femme, de sa fille Chou-Baby, de sa maîtresse Filasse, du colonel Saint-Eustache et d'une bande d'hommes de main aux ordres du tueur N'a-qu'un-Oil, est envoyé sur place afin d'engager l'entourloupe. L'affaire semble réglée, tant l'homme paraît discipliné, imbécile même, peu dangereux pour ses employeurs. Un périple de sept jours sur les terres des frères Cyclopus bousculera les données, et vaudra au général, au quotidien comme au plan idéologique, son nom de gloire : Francoquin.

En 1967, Yak Rivais faisait irruption dans la littérature française avec ce roman picaresque hors normes : Aventures du général Francoquin au pays des frères Cyclopus. Soutenu par Simone de Beauvoir, publié par Raymond Queneau chez Gallimard, le roman, qui conte au quotidien les aventures d'un général rusé dans un pays sorti d'une révolution, provoque la stupeur et l'enthousiasme des critiques littéraires de l'époque. Depuis, le livre avait été en partie oublié, quand bien même des auteurs contemporains comme Franz Bartelt avouent « rester sur le cul » à sa lecture. Il était temps de redécouvrir cinquante ans après, la tonitruante et pathétique épopée du général Francoquin.

L’Auteur

Né en 1939, Yak Rivais se fait connaître dans les années 60 par ses dessins et romans. Apprécié par la critique, prix de l'Humour Noir, il voit le cycle Francoquin occulté par une diffusion confuse. Le succès qu'il rencontre en tant qu'auteur jeunesse (instituteur, il écrivait pour ses élèves et révolutionne le genre dans les années 80-90) brouille les pistes. Peintre, écrivain, découvreur du fonctionnement segmentaire de l'oral, il reste hors des sentiers. « Yak Rivais, écrivait déjà Catherine Claude en 1967, échappe au danger qui menace tout novateur : se laisser enfermer dans sa découverte ».