LE TRIPODE

Étoiles vagabondes

Sholem Aleykhem, Jean Spector


Leybl Rafalowitch, treize ans, est le fils de l'homme le plus riche du village. Reyzl Spivak, quatorze ans, est la fille d'un pauvre chantre. Nous sommes à l'aube du vingtième siècle, dans une petite bourgade juive aux confins de l'Europe. Ces deux-là vont tomber amoureux, ne croyez-vous pas ? Mais nul n'aurait prédit qu'une rocambolesque troupe de théâtre itinérante allait précipiter leur romance dans une aventure hors du commun. 

Avec ce roman inexplicablement resté inédit jusqu'à nos jours, Sholem Aleykhem révèle son immense talent de conteur. Avec la grâce d'un Chagall, la truculence d'un Chaplin et la verve d'un Twain, il honore l'art et la vie des gens de peu, irrésistibles, pittoresques, pétris d'humanité et d'humour face à la fatalité. Car "les étoiles ne tombent pas, elles vagabondent..."

 

La couverture a été réalisée par l'artiste Brecht Evens. 

L’Auteur

"Que mon nom ne soit associé qu'avec des rires ou ne soit pas célébré du tout." Né en Ukraine en 1859, Sholem Aleykhem est une figure majeure de la littérature européenne, tout en restant méconnu en France. Se désignant lui-même comme un Luftmensch (littéralement un homme de l'air, soit l'opposé d'un matérialiste), populaire et enchanteur, il est l'auteur d'une œuvre prolifique. Il nous a légué des personnages devenus universels et a su décrire avec tendresse et humour le monde bigarré des communautés juives de l'Europe de l'Est. Installé à New York à partir de 1905 pour fuir les pogroms russes, il y fut considéré comme le Mark Twain juif. Décédé en 1916, ses funérailles restent parmi les plus grandioses de l'histoire de New York. 

Le roman Étoiles vagabondes fut publié en feuilleton entre 1909 et 1911 dans les pages d'un journal polonais. Resté inédit jusqu'à ce jour, nous devons au traducteur Jean Spector la découverte de cette œuvre qui réaffirme, magistralement, l'importance du plus grand écrivain yiddish. 

Le Traducteur

Né en 1937 au sein d'une famille juive immigrée de Pologne, Jean Spector a, pour ainsi dire, tété le yiddish. Après avoir suivi des études d'anglais puis occupé divers emplois dans le commerce, il "monte" à Paris. Pendant près de quinze ans, il y tient un club de jazz. Parallèlement, il retrouve auprès d'intellectuels, dont Rachel Ertel, l'amour de sa langue maternelle. Depuis, il consacre avec une générosité infaillible et une érudition fougueuse toute son énergie à l'enseignement du yiddish et à la traduction.