LE TRIPODE

Varlamov

Georges Peignard


Le monde est vide, ou tout simplement absent à lui-même. Un buffle, seul, attend. Aucun chariot ne l'attelle, aucune caravane à laquelle se joindre. Comme animé d'une force magnétique, que seuls les animaux migrateurs possèdent encore, il entame, de toute sa masse, une marche lente et obstinée vers le levant. Jusqu’à atteindre les terres où naît – et parfois s’achève – l’histoire des hommes.
 
Ce roman graphique s’inspire d’une nouvelle d'Anton Tchekhov. La Steppe décrit un voyage vers l'est à travers l'immense plaine au sud de l'Ukraine. Tout au long du récit, les personnages cherchent, attendent, interrogent au cours de leurs étapes : « Est-ce que Varlamov est passé par ici aujourd'hui ? » Au détour d’un épisode, Varlamov apparaîtra sous les traits d'un propriétaire terrien autoritaire, sans épaisseur particulière. Il disparaîtra aussi vite, en moins de deux pages, laissant le lecteur à sa frustration et ses interrogations sur le sens de notre monde. 

L’Auteur

Georges Peignard développe une pratique plastique marquée par la sculpture et des interrogations sur l’histoire. L’ensemble de son travail s’est d’abord déployé en des installations, des récits en espace. Ces dernières années, ses recherches se sont développées sous des formes scéniques poussant encore plus loin ses narrations. Il est aussi enseignant à l'École Européenne Supérieure d'Art de Bretagne, site de Lorient. Varlamov est son premier livre.

Presse

« Livre d’artiste », Varlamov l’est assurément. Le peintre Georges Peignard s’inspire de La Steppe d’Anton Tchékov, un ouvrage délicat où le grand écrivain russe raconte le premier voyage d’un enfant de dix ans dans les steppes d’Ukraine sur les terres d’un propriétaire, Varlamov, dont ses parents espèrent tirer on ne sait quel bénéfice, l’homme ayant la réputation d’être « plus riche que la comtesse Dranitskaïa ». Le Varlamov de Peignard, au contraire de son modèle, est contemporain : aucun humain n’y figure, juste une bête de somme parcourant les herbes grasses, de moins en moins fournies au fur et à mesure de son cheminement, jusqu’aux montagnes à la recherche d’une humanité absente, aux traces cependant partout visibles, parcellaires et énigmatiques. Allusion à Tchernobyl ? Peut-être. Les images se laissent interroger, composer leur propre histoire, laissant le lecteur dans sa méditation.
Didier Pasamonik - Actua BD

Peignard emmène son monde dans une balade sans fin à travers un paysage sauvage où rien n’est acquis d’avance. Plus qu’une simple lecture, ce livre qui prend le regard est une véritable invitation au dépassement de soi.
GV - Les Arts Dessinés