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L'Ancêtre

Juan José Saer, Laure Bataillon, Nicolás Arispe


Peu de livres donnent au lecteur l’impression, dès les premières pages, d’être confronté à un chef d’œuvre absolu. L’Ancêtre, de Juan José Saer, appartient à cette catégorie.

« De ces rivages vides il m’est surtout resté l’abondance de ciel. Plus d’une fois je me suis senti infime sous ce bleu dilaté : nous étions, sur la plage jaune, comme des fourmis au centre d’un désert. Et si, maintenant que je suis un vieil homme, je passe mes jours dans les villes, c’est que la vie y est horizontale, que les villes cachent le ciel. »

Le roman est inspiré d’une histoire réelle. En 1515, un corps expéditionnaire de trois navires quitte l’Espagne en direction du Rio de la Plata, vaste estuaire à la conjonction des fleuves Parana et Uruguay. Mais, à peine débarqués à terre, le capitaine et les quelques hommes qui l’accompagnent sont massacrés par des Indiens. Un seul en réchappe, le mousse : fait prisonnier, accueilli dans la tribu de ses assaillants, il n’est rendu à son monde que dix ans plus tard, à l’occasion d’une autre expédition naviguant dans ces eaux. De ce fait historique Juan José tire une fable universelle qui interroge le sens des destinées humaines et le pouvoir du langage. Arrivé à la fin de sa vie, le mousse se souvient comment, soixante ans plus tôt, il a été amené pendant toutes ces années à partager l’existence d’une tribu d’hommes anthropophages au point de bouleverser sa vision du monde...

La première édition de ce livre a été menée par Flammarion en 1987. Cette nouvelle édition est postfacée par Alberto Manguel. La traduction, de Laure Bataillon a reçu en 1988 le prix de la meilleur traduction décernée par la Maison des Écrivains et des Traducteurs (MEET). Après la mort de la traductrice, il fut décidé que le prix porterait dorénavant son nom.

Couverture Nicolas Arispe

Lire le début du roman

L’Auteur

Juan José Saer (1937, province de Santa Fe – 2005, Paris) est l’un des écrivains argentins les plus importants du XXe siècle. Il a reçu le prix Nadal en 1987 pour La Ocasión. Considéré dans son pays au même rang que Borges, il a eu une influence considérable sur les auteurs contemporains d'Argentine, notamment par sa maîtrise formelle et ses jeux avec les genres littéraires.

 

Le Traducteur

Laure Bataillon (1928–1990) est une grande traductrice et connaisseuse de la littérature latino-américaine.  Elle a fait connaître et publier notamment :  Antonio di Benedetto, Julio Cortázar, Juan-Carlos Onetti, Felisberto Hernandez, Antonio Skármeta, Arnaldo Calveyra, Miguel de Francisco...
 

Le Dessinateur

Nicolás Arispe est un auteur, dessinateur et illustrateur argentin. Né à Buenos Aires en 1978, il réalise sa formation à l’Institut Universitaire National des Arts (IUNA). Il est l’auteur et dessinateur de plusieurs livres, notamment Té de Palacio (2008), El insólito ascenso de Madame Pôl (2010) et El camino más largo (2012). Il est professeur de dessin et travaille régulièrement en tant qu’illustrateur pour l’édition, la presse et l’animation audiovisuelle. Le Tripode a édité Le Livre (2017) et La Mère et la Mort / Le Départ (2018).

Livres de l’auteur en grand format

Presse

En France, la réputation de Saer est plus grande que son public. L'Ancêtre est un des chefs-d'oeuvre de cet écrivain lui-même « capable d'épuiser le bouquet des mondes possibles ».
Mathieu Lindon - Libération

Sans jamais tomber dans l’exercice de style, Saer propose la récréation d’une voix aussi invérifiable que crédible. Ne jouant pas tant la carte de l’archaïsme un peu forcé que celle d’une langue au lyrisme exigeant, à la prosodie envoûtante – c’est-à-dire loin de tout ventriloquisme et en maintenant intacte l’ampleur musicale de son style – Saer nous met dans la tête d’un homme qui, avant vécu une expérience sans commune mesure, va tenter sa vie durant de la comprendre.
Guillaume Contré - Le Matricule des Anges (dossier spécial Juan José Saer, janvier 2018)

La traduction, c’est la rencontre d’un texte et de son truchement. Avec L’Ancêtre, cette rencontre est de l’ordre de la perfection. Perfection formelle, transmission impeccable. Une sorte de pierre de touche. 2017 a été consacrée, en Argentine, année Juan José Saer. C’est dire l’importance reconnue de cet écrivain. On en prend pleinement conscience à la lecture de L’Ancêtre.
Christine Bini - La Règle du jeu

Après avoir si souvent gueulé contre la piètre qualité des traductions qui nous sont proposées, devant ce petit livre dont la prose sensuelle, éblouissante et compliquée se situe à des années-lumière de l’américain traficoté qu’on nous sert trop souvent, je dis : hourra.
Louis Hamelin - Le Devoir

« Vision dévorante. D'un fait historique, Juan José Saer compose une étrange épopée littéraire et métaphysique. »
Éric Bonnargent - Le Matricule des Anges (avril 2014)

« Dans L’Ancêtre on trouve les échos des Voyages de Gulliver de Swift, du Supplément au Voyage de Bougainville de Diderot, mais aussi ceux de Borges dans Le Rapport de Brodie. »
Alberto Manguel

« Entre souvenirs, rêves et monde »
Un dernier livre avant la fin du monde

« Magnifique livre de Juan José Saer » 
Linda Lê

« Je suis stupéfait. »
Jacques Abeille

 

L'Ancêtre de Juan José Saer par la librairie La Belle Aventure (Poitiers)
Augustin Trapenard - Le carnet du libraire (France culture)

« Ce texte magnifique, (...) servi par la traduction splendide de Laure Bataillon, nous plonge au cœur des origines du monde et de sa chute, et du dénuement de la condition humaine. »
Marianne Loing  Librairie Charybde

Un « texte à la beauté suprême, dont la traduction (magistrale) garde toute puissance intacte »
Claudia De Bonis  Librairie du Rond-Point

« Un texte comme on n'en lit plus, comme on n'en écrit plus, un véritable trésor littéraire comme on en croise rarement dans une vie. Dès les premières lignes, et jusqu'à la dernière, on ne peut que s'éblouir de ce style insensé, de cette langue perdue, sacrée, empreinte de puissance et qui, abyssale, se constitue sésame pour le lecteur, et explore avec lui ses origines jusqu'aux tréfonds de son identité. » 
Paule  Librairie l'Escampette (Pau)

« À mi-chemin entre les voyages de Gulliver et le Supplément au voyage de Bougainville, un livre d'une rare beauté qui nous emmène loin, très loin, à l'époque de la conquête des Indes et du mythe du bon sauvage. »
Louise  Librairie La Parenthèse (Annonay)

« Vous l'aurez compris, L'Ancêtre est sans aucun doute un chef d'œuvre, une météorite magnifique à tous points de vue, alors foncez, prenez un risque, celui d'être envouté »
Valérie Barbe Le Brouillon de Culture (Caen)