LE TRIPODE

La Vie de l'explorateur perdu

Jacques Abeille


Il y a près d’un demi-siècle, Jacques Abeille inaugurait le « Cycle des contrées » avec Les Jardins statuaires. Après des années d’attente, cette fresque immense de la littérature française s’achèvera à l’automne 2020 avec cet ultime roman, La Vie de l’explorateur perdu.

Au milieu des années 1970, à la manière d'un rêve, Jacques Abeille s'engageait dans l'exploration d'un monde imaginaire en écrivant un roman : Les Jardins statuaires. Depuis, de livre en livre, s'élabore l'univers extraordinaire des Contrées, avec ses règles et ses fantasmagories. Après des années d’attente, La Vie de l’explorateur perdu vient clore enfin cette fresque immense de la littérature française. Il est le roman des origines et celui de la fin. C’est l’heure des dernières étreintes et de l’ultime révolte, de l’ultime énigme et des derniers témoins. Adieu  le Haut Plateau, Terrèbre, les Jardins statuaires et les enfants d’Inilo. Nous voilà quittant l’immensité des contrées, courant derrière les fantômes de Barthélemy Lécriveur et de Léo Barthe, faisant nos adieux à Ludovic Lindien, cet être inépuisable qui toute sa vie n’a pu respirer qu’en dehors du lieu étroit où sa vie l'a confiné. Désormais, sur ce monde, la lumière s’éteint.

 « Folie, dira-t-on à bon droit de cette étrange amitié dans laquelle chacun incarnait le contre-type de l’autre. Avais-je été soucieux sans cesse de laisser à Ludovic la plus grande place ou était-ce mon exaspérante réserve qu’il s’était efforcé de combler ? Nous espérions peut-être que l’un des deux accèderait à la vie. Cet effort nous paraissait généreux. A-t-il pu croire que dans la fin de ses voyages je trouverais mon épanouissement ? Avec sa disparition il m’a supprimé. Le petit bateau dont la coque bleue s’est ternie sur l’étagère de mon bureau jamais plus ne naviguera. On ne rencontre jamais son ombre. »


L'illustration de la couverture a été réalisée par François Schuiten.

L’Auteur

Jacques Abeille est né en 1942. Professeur d'art plastique, il amorce en parallèle une oeuvre poétique et romanesque qui, après les accidents successifs des Jardins statuaires, s'est retrouvée disséminée chez une myriade d'éditeurs. Ses livres suivent une architecture singulière et complexe, à base de fragments, de secrets, de personnages d'archivistes, de voyageurs, et d'hétéronymes...

Presse

"Sans équivalent dans la littérature française contemporaine, cet ensemble de romans et nouvelles affirme la puissance du rêve, du voyage, de l’imaginaire et de la liberté dans un espace géographique aussi bien que textuel. Les contrées sont des régions inventées, mais les livres qui les décrivent contiennent aussi l’aventure de leur écriture dans la fiction. En ce sens, La vie de l’explorateur perdu est aussi le testament littéraire d’un écrivain unique."

 

Sébastien Omont - En Attendant Nadeau

Chronique complète ici

 

"Cette œuvre de Jacques Abeille rejoint désormais les plus grandes aventures de la littérature." 

Serge Airoldi

"Il va sans dire que c’est une œuvre sans égale, dans le sens premier du terme : elle n’a aucun équivalent, et ne ressemble à aucune autre. Sa résolue singularité a pu, un temps, être appareillée aux côtés de majestueux navires, que ce soit Gracq ou Tolkien. Mais elle ne partage finalement que des caractéristiques superficielles de celles-ci. Le monde imaginaire des Contrées n’obéit qu’à ses propres règles, ne renvoie d’abord qu’à sa propre littérature, peuplée de rêves éveillés, d’archivistes, d’ethnologues, de civilisations perdues, de livres interdits, d’écrivains obscurs, de voyageurs sans noms ni visages. La Vie de l’explorateur perdu, davantage donc qu’un chant du cygne, déploie plutôt l’envergure d’un phénix amené à renaître de ses cendres. Le feu qui le consume est certes un brasier destructeur, mais c’est aussi la flamme vitale de la renaissance : un désir effréné d’aller vers sa propre régénérescence par la grande flambée salvatrice de la poésie."

- DIAKRITIC, Yann Étienne 

Portrait de Jacques Abeille ici