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Nuit

Edgar Hilsenrath, Jörg Stickan & Sacha Zilberfarb, Henning Wagenbreth


Resté occulté en Allemagne près de 20 ans, Nuit est aujourd’hui considéré comme le chef d’œuvre d’Edgar Hilsenrath.

C’est la nuit permanente sur le ghetto de Prokov. Au fil des jours, dans un décor apocalyptique, Ranek lutte pour sa survie. Réduits à des ombres, comme  s’ils n’avaient plus ni âme ni corps, les personnages baignent dans le brouillard. Pourtant surnagent encore des éléments de vie : les scènes d’amour  hâtives, de solidarité ou de naissances au milieu du ghetto montrent que, même à la frontière de l’humanité, l’humanité demeure.

Les scènes de la vie quotidienne, décrites comme à travers une loupe, sont tellement précises qu’elles confinent à l’absurde. Cauchemars et fantasmes naissent d’un regard microscopique sur les choses, traduit dans un style mécanique, concis, halluciné, presque cinématographique.

Hilsenrath s’est inspiré pour Nuit de sa propre histoire, et du ghetto ukrainien où il a passé quatre ans entre 1941 et 1945. C’est d’ailleurs la genèse de ce livre, qu’il a réécrit vingt fois entre 1947 et 1958, qui est racontée dans Fuck America. Aujourd’hui, Nacht s’est vendu à plus de 500 000 exemplaires dans le monde et est considéré comme le chef d’œuvre de son auteur.
 

L’Auteur

Né en Allemagne en 1926, Edgar Hilsenrath a survécu au ghetto durant la guerre, avant de partir pour Israël, puis pour New York. C’est dans cette ville, où il enchaîne d’abord les petits boulots, qu’il commence véritablement l’écriture de son premier roman. Il écrit la nuit, dans des cafétérias juives sordides, et vit de rien.  Toute son œuvre s’inspire de cette expérience marquée par la guerre et la solitude, mais sur un mode burlesque, quasi rabelaisien.

Longtemps refusé par les éditeurs allemands, qui craignent les réactions à son approche, très crue, de la Shoah, Edgar Hilsenrath connaît d’abord le succès aux États-Unis. Ce n’est qu’après son retour en Allemagne, en 1975, et la réédition de ses chefs-d’œuvres Nuit et Le Nazi et le Barbier, qu’il obtient la consécration dans son propre pays. Auteur d’une œuvre ample et à l’originalité sans équivalent, il est aujourd’hui considéré comme l’un des écrivains européens les plus singuliers de sa génération.

Pour en savoir plus sur l'auteur : www.hilsenrath.de

Pour acquérir les œuvres en langue allemande : www.eulederminerva.de  

Le Traducteur

.... est un duo.

Jörg Stickan est né en mai 1968 en Allemagne, mais exilé en France depuis sa majorité, il a travaillé comme acteur, commis de cuisine, metteur en scène, barman, enquêteur téléphonique, chanteur d’opéra... et traducteur. Pour le théâtre, il a mis en français Hanns Eisler, Hans Henny Jahnn, Gerhart Hauptmann, Johann Nestroy, J.M.R. Lenz... Fuck America est le premier roman qu’il traduit.

Sacha Zilberfarb, est né à Paris en 1972 et y vit depuis lors. Il a mené des études d’allemand et d’histoire à l’université, enrichissant la science d’une maîtrise sur Kurt Tucholsky et d’un DEA sur Franz Kafka. Pour se reposer de l’allemand, il a appris le yiddish, langue de ses grands-parents paternels, afin de lire un jour Sholem-Aleikhem dans le texte.
 

Le Dessinateur

Henning Wagenbreth est un dessinateur, affichiste et décorateur d’opérette allemand, qui partage son temps entre Berlin et San Francisco. Professeur de communication visuelle, marqué, entre autres, par la gravure, l’imagerie des pays de l’Est et la culture pop, il a travaillé pour Libération, le New York Times, et publié The Mystery of St Helena, ou encore Cry for Help, 36 Scam Emails from Africa.

 

Livres de l’auteur en poche

Presse

« Comme dans les pages les plus fortes de Kafka, (songeons au Procès), l'impression de cauchemar vécu, insoutenable et fascinant à la fois, naît du réalisme le plus pointilleux, de l'alternance des points de vue, du retrait quasiment total du narrateur qui jamais n'intervient. (...) Les dialogues, quant a eux sont d'une efficacité remarquable, d'une netteté, d'un tranchant qui bouleverse. »
Thierry Cecille, Le Matricule des Anges

« Nuit est son chef-d'œuvre. »
Bruno Corty, Le Figaro littéraire

« Edgar Hilsenrath porte sur ces ruines et les ombres qui les peuplent un regard sans pitié (...) Pas d'outrances. Seulement la réalité brute, insoutenable. »
Elisabeth Philippe, Les inrockuptibles

« Nuit fait partie de ces textes qui fouillent l'âme humaine sans manichéisme »
Éric Loret, Libération

« Nuit est un roman tout entier effectif. Il ne dit rien mais s'abîme dans une infinie monstration de la survie, n'interrogeant pas mais faisant voir, comme habité par une lumière noire. »
Hugo Pradelle, La Quinzaine Littéraire

« Hilsenrath est un monstre de la littérature »
VSD

Un « portrait au vitriol ».
Agnès Noël, Témoignage Chrétien